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Les VALEURS de l’AIKIDO

30 novembre 2008

O'Sensei

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“Les valeurs sont représentées par ce par quoi on est digne d’estime sur le plan moral, intellectuel, physique, etc…” nous dit le petit Larousse; Mais que peut bien contenir ce etc…? Si l’on se réfère à la définition du “lexique des sciences sociales” (ed Dalloz) : “les valeurs n’ont d’existence qu’au niveau de la conscience sociale et sont relatives, variables selon les sociétés”.

Les valeurs de l’aïkido sont-elles universelles ou variables en fonction de la société dans laquelle on pratique ?

Si l’on s’attache par exemple aux valeurs pacifistes de l’aïkido, on peut affirmer qu’en France, celles-ci sont relativement partagées ; un certain consensus existe sur le fait de ne pas organiser de compétitions, ou de ne pas amalgamer aïkido et self-défense.

On peut cependant  constater dans d’autres pays des valeurs bien autres : une grande place laissée à l’ésotérique dans certains groupes d’aïkido aux USA, un art perçu principalement comme une technique d’autodéfense en Corée, une école du guerrier pour de nombreux japonais…

Malgré cela Il est possible de citer quelques valeurs communes telles que celles des 7 plis du hakama qui symbolisent les 7 vertus du Budo :

“Jin”  bienveillance, générosité

“Gi” honneur, justice

“Rei” courtoisie, étiquette, politesse

“chi” sagesse, intelligence

“Shin” sincérité de l’engagement

“Chu” loyauté envers son école

“Koh” piété, respect profond des bases

les 5 premiers termes désignent les plis à l’avant (dits 5 principes coutumiers),

Chu-kou désignent le pli à l’arrière.hakamablog1

Quels autres valeurs distinguer ?

Shin Ghi Tai. Ne pas dissocier la technique de la voie est selon Maître Yamagushi un principe fort :

“Rechercher la technique dans l’unique but de devenir plus fort mène très vite à une impasse, même sur le plan technique. [...] Il en est de même d’une étude qui serait uniquement fondée sur la recherche de la Voie et de l’esprit, sans pratique technique , non seulement cette spiritualité n’aurait aucun sens, mais elle serait cause d’erreurs et nuisible à l’homme. l’aïkido n’est pas une joute intellectuelle. L’aiki est la vraie voie de l’union, du corps, du moi et de l’autre, de l’univers et de l’homme, de l’harmonie, du principe du mouvement universel, la technique n’est que la manifestation concrète et corporelle de ce principe” (extrait de la préface à “Aikido Fondamental” (editions Sedirep)

Dans le  même sens, Louis Boileau cite dans son ouvrage “l’aïkido actuel” (édition Thélès) la triple valeur du grade (Shin-Ghi-Tai) :-”un pratiquant sans valeur Shin, et qui possèderait seulement les deux autres, serait un être dangereux et nuisible pour tous, et finalement pour lui-même”

Shin : valeur morale, esprit, caractère,

Ghi : valeur technique,

Tai : valeur corporelle,

sans tomber dans le puits intellectuel, quel lecteur aimerait m’adresser d’autres valeurs propres à l’aïkido pour compléter cet article ?

2 commentaires

  1. Article digne d’intérêt. Ce n’est qu’un avis. Je le trouve propre à l’interrogation, à la remise en cause. Oui, il questionne.
    Et “moi”, les valeurs qui me semblent être justes, le sont-elles vraiment? Quelle légitimité ont-elles?

    Du coup, je me tourne vers la valeur de cohérence. Au regard de ce que je sais de l’aïkido, de ce que j’en pense et de comment je l’applique, mon “discours” correspond-t-il à mes actes? Y-a-t-il cohérence?
    Par la suite, et parce que je n’arrête pas la recherche philosophique et technique, je m’attèle à me rapprocher au plus prés de ce que nos aïeux disent ou ont dit. Mais alors lequel?
    Dans un premier temps, je pense que le fondateur doit rester la base de la réflexion. C’est quand même lui qui a crée cet art. Sinon, donnons un autre nom à la discipline comme certains l’ont fait (Kinomichi, real aikido…).
    Ensuite, en fonction de la sensibilité de chacun, les uns et les autres vont prendre des directions différentes, suivre tel ou tel professeur, sensei…
    Selon moi, aucune voie n’est mieux qu’une autre tant que chacune d’elle reste en cohérence entre l’acte et le discours prononcé.
    Malheureusement, je pense que c’est loin d’être le cas. Et même si cette fameuse cohérence est difficile à mettre en oeuvre, il y a ceux qui essaient et ceux qui s’en lavent les mains.

    Ps pour la blague: la cohérence n’a jamais servi de savon alors imaginez l’état des mains ;) )

    Une question se pose. Les valeurs communes que tu cites sont-elles réellement appliquées ou sont-elles la plupart du temps mise en exergue, pour un joli effet de style destiné à séduire et à attirer…


  2. Je viens juste de découvrir ton (très chouette) site et jai eu envie de te livrer quelques pensées à propos de l’article sur les valeurs de l’aïkido.

    Je te soumets au moins trois autres valeurs qui me semblent bien compléter (ou expliciter) les 7 plis : honnêteté, humilité et exigence.
    Honnêteté avec soi-même : Vraiment utile de forcer, voire de tordre le bras de mon uke quand je vois que c’est ma technique qui est en train de passer aux oubliettes, au profit de ma seule force physique ? Et combien d’excuses ou d’explications malhonnêtes (quelquefois hilarantes) ai-je entendu de la part de uke qui, systématiquement, n’attaquaient pas dans la distance ?
    Humilité : Porteurs de hakama, ceintures noires de tous dan, ont-ils la “science infuse” de l’aïkido ? Quand je vois le nombre de hakamas et de ènièmes dan qui se la pètent sur les tapis français, je suppose que cette valeur ne pèse pas lourd ou ne s’est jamais imprimée dans certains esprits ; c’est peut-être une non-valeur d’ailleurs… Si vous ne voyez pas de quoi je parle, faites donc cette expérience : Présentez-vous incognito à un prochain stage en simple kimono avec une ceinture blanche, et testez la différence !
    Exigence dans la pratique : Aussi bien dans la régularité de sa présence aux cours que dans la mise en œuvre de chaque technique ; ce souci d’exigence me semble indispensable à la progression individuelle et, surtout, le garant d’une recherche constante d’amélioration ; les uke passent, mais la technique reste, avec toutes ses variantes à creuser ou à re-découvrir (voire : découvrir).
    En conclusion : Presque une fois sur deux, quand un uke et un tori se quittent sur un tatami de passage, ils pourraient paraphraser la pub sur les rillettes “Nous n’avons pas les mêmes valeurs”…en essayant de garder le sourire !



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