h1

de l’influence du type de pratique sur la motivation

1 juin 2009

L’article ci-dessous est extrait de l’ouvrage “expériences de psychologie du sport”, sous la direction de Yvan PAQUET, aux éditions DUNOD.

“On pense bien souvent que les individus pratiquent un sport qui leur correspond. Par exemple, les sportifs qui ont un esprit de compétition développé pratiqueraient davantage un sport à caractère compétitif. On peut envisager qu’un individu préfère pratiquer le judo en raison du caractère compétitif de cette activité. Un autre choisira un sport plus orienté vers la maîtrise technique tel que l’aïkido. Mais réciproquement, n’est-ce pas le type de pratique qui conduit l’individu à avoir une motivation plus orientée vers la compétition que vers la maîtrise ? c’est cette question qu’on voulu examiner Guernigon et Le Bars (2000) par l’enquête suivante :

GUERNIGON et LE BARS ont étudié l’influence de la pratique sur le type de motivation développé par les pratiquants. Ils ont demandé à 80 enfants (âgés en moyenne de 12 ans) et à 84 adultes (âgés en moyenne de 25 ans) pratiquant soit le judo, soit l’aïkido de participer à cette expérience. Durant les 2 premiers mois de la saison, chaque sportif a été sollicité pour remplir un questionnaire évaluant son orientation motivationnelle (soit vers la maîtrise, soit vers le résultat). ces données ont ensuite été croisées avec le type de pratique et le niveau d’expérience.

Les résultats ont montré une relation entre le type de pratique et l’orientation motivationnelle des pratiquants; Ainsi, les pratiquants d’aïkido se sont montrés plus orientés vers la maîtrise que ceux qui pratiquaient le judo. cependant, les résultats les plus significatifs sont apparus en considérant les effets conjoints de la pratique physique et du niveau d’expertise. en effet, quel que soit l’âge (et la durée de pratique), c’est chez les experts que cette différence motivationnelle est apparue. un tel résultat tend à montrer que c’est au fil de la pratique que se précise l’orientation motivationnelle.

En conclusion, on ne choisit pas forcément son activité en fonction de son orientation motivationnelle. Pratiquant une activité physique particulière, l’individu va progressivement être sensible au climat de maîtrise ou de compétition qu’il rencontre. En conséquence, il aura tendance à développer une orientation motivationnelle concordante avec cet environnement”.

Pour en savoir plus : GUERNIGON et LE BARS (2000) “achievement goals in aïkido and judo : a comparative study among beginners and experienced practitioners” jouranl of applied sport psychology, 12, 168-179.


Un commentaire

  1. Est-ce à dire que plus on pratique une discipline sous une forme, plus on adhère à ses finalités?

    Que fait-on de ceux qui ont “démissionnés”?

    Je pose juste une hypothèse. Les pratiquants intéressés par une discipline et ses valeurs, vont se diriger naturellement vers elle. Ce sera un choix probablement motivé par la correspondance de leurs valeurs propres et celles qui leur sont présentées. Nous pourrions parler de représentations. A présent, imaginons que les valeurs présentées différent de celles réellement transmises dans la pratique. C’est à dire qu’il y manquerait du sens – conscient ou inconscient – entre la pratique (expression phénoménale de principes) et les valeurs (principes eux mêmes). En aparté, je conviens qu’il serait bon de définir toutes ces notions.
    Je reprends le cours de l’hypothèse.
    Nous aurions d’une part, ceux qui restent, revenant – implicitement ou explicitement – à des valeurs plus conventionnelles partagées par le groupe sociétal. Ils n’en sont pas choqués puisqu’ils retrouvent ces mêmes valeurs dans leur quotidien. D’autres part, il y a ceux qui ne restent pas car ils ne trouvent pas de correspondance entre le signifiant (l’annonce) et le signifié (la mise en application)…
    J’émets l’hypothèse que la motivation ne provient pas initialement du type de pratique ou même de l’expertise, mais de la concordance des valeurs émises et présentées par la discipline et celles que l’individu possède intrinsèquement et qu’il retrouve à travers sa pratique.

    Ce n’est qu’un commentaire de “comptoir” dans l’esprit du mémoire de recherche, avec une trop faible connaissance du sujet traité par Guernigon et Le Bars que je salue pour leur étude, trop rare dans les domaines martiaux.*

    Damien



Laisser un commentaire